C.I.T

Laboratoire III

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LE CENTRE IMAGINAIRE DE TOUT

Faisons l’hypothèse que l’acte de danser soit le centre imaginaire de tout.

Ce Centre Imaginaire de Tout, nous le nommons « C.I.T », le prononçons « cite » et y entendons aussi « site ».

J’ai orchestré les premiers laboratoires du collectif Hinterland dans le but de rassembler et partager nos pratiques d’improvisations, mais aussi d’en saisir quelques principes transmissibles. L’appel du vide (ou inspiration) étant un postulat de départ, je proposais de porter notre attention sur des phénomènes de disparitions multiples au sein d’une même image. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à réaliser des empreintes de nos corps dansants sur papier, avec du plâtre, de l’argile et quoique ce soit de meuble et pérenne, comme au premier temps de notre enfance. Que se passe-t-il entre nous, lorsque nous dansons ? Où va ce qui de nos danses, semble disparaître ?

Au gré de cette pratique qui visait, très directement, à « faire impression », aussi bien dans le groupe qu’en soi-même, par couches successives, des chorégraphies du toucher se sont sédimentées. Elles sont venues s’ordonner elles-mêmes, remplir des étagères virtuelles ou réelles, créant ainsi un arrière-fond commun d’archivactions (archives-actions). De ces gestes attelés à s’imprimer, assignés à comparaître devant la matière, des « pièces à conviction » sont nées : monotypes, gravures, dessins, sculptures, etc. Chacune d’elle montre le mouvement analogue d’un corps qui, tout à la fois, au même instant, se perd et se trouve, touche en se retirant. Chacune d’elle donne une image de l’entre/antre, lieu où se creuse l’expérience d’un écart entre la sensation du contact, et l’image de la sensation. C’est dans cet espace évidé que la danse s’ambiance : là où « je » m’absente, il se produit un mystère dans l’environnement.

Ces différentes empreintes sont des signaux qui composent une écriture peau-à-peau avec l’invisible. À partir d’elles, nous pouvons retrouver des mouvements, des imaginaires, les consigner, en faire des archétypes, des figures, et les ritualiser. Je tire de ces enquêtes une source inconsciente d’apprentissages pour et par la danse, un décollement narcissique, une possibilité aussi de muter, de faire peau neuve.

Ce serait comme voir de l’autre côté du monde et après. Dans le Centre imaginaire de tout, on se fait archéologue du devenir. C’est un centre d’esthétique et de soin, où l’on s’archive, pour une évolution des danses qui nous viennent, très futures ou utopiques.

Le C.I.T est une installation, un laboratoire et une école éphémère, qui visent toutes trois à produire des pièces à conviction du passage remarquable d’une danse. Conçu dans un processus d’archivaction, le C.I.T se déploie en trois temps liés :
  • - la création d’une série d’estampes et d’œuvres plastiques procédant d'empreintes;
  • - un laboratoire de recherche-transmission en danse plastique pour mettre en jeu ces œuvres, collecter et restituer de nouvelles empreintes ;
  • - la co-création de danses empreintes de ces emprunts, commémoratives et qui seront des appels vers ce qui persiste dans l’invisible.

Conception : Lilas Nagoya (performeuse)–Conception analogue : Laura Fanouillet (chercheuse-performeuse) –Collaborations : Caroline Boillet (performeuse) et Clara Alloing (preneuse de son).

Partenaires : Village des Arts et Métiers – Octon / Honolulu - Nantes / Château de Monthelon – Atelier International de Fabrique Artistique / Mairie de Cournonsec et DRAC Occitanie pour l’accueil d’ateliers et de l’exposition dans le cadre de l’Eté culturel / UMR Litt&Arts / SFR-création (structure Fédérative de Recherche-création) / Performance Laboratory (CDTools 2022: "listening ti performance") / aCD (association des Chercheurs en Danse)

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